Dans une tribune publiée dans Le Monde, Dominique Eddé dénonce la « folie surarmée » qui domine aujourd’hui le Moyen-Orient. Selon elle, plusieurs acteurs opposés en apparence – Israël, les États-Unis de Donald Trump, ou encore le régime iranien et ses relais – partagent pourtant des traits communs : ambitions impériales, instrumentalisation de la religion et mépris des vies humaines.
Elle critique la logique de puissance et de domination qui alimente l’escalade régionale : expansion territoriale, guerres par procuration, manipulation des identités religieuses et destruction des États-nations. Dans ce climat, les populations deviennent des otages de projets idéologiques et religieux qui dépassent leurs propres sociétés.
Face à cette spirale destructrice, Eddé appelle à une résistance morale et intellectuelle : préserver en soi l’empathie, l’altérité et la capacité de penser, afin de sauver ce qui fait encore l’humanité de l’être humain.
Cette tribune est d’une justesse frappante. Elle met des mots sur une dérive du monde où la puissance, la religion et l’argent se mêlent pour produire une violence presque aveugle.
On pourrait dire, avec Carl Jung, que l’humanité agit encore comme une puissance divine privée de Sophia, c’est-à-dire de la sagesse qui devrait toujours accompagner la puissance.
Dans Réponse à Job, Jung montrait déjà que la conscience humaine devait intégrer cette dimension de sagesse et de responsabilité. Mais cette leçon semble encore largement incomprise : les forces religieuses, politiques ou idéologiques continuent d’agir comme si la puissance suffisait à justifier l’action.
Ainsi, malgré les catastrophes répétées, la réponse de Job n’a toujours pas été vraiment entendue. Et il est à craindre que l’humanité mette encore longtemps à comprendre que la vraie force n’est pas dans la domination, mais dans la conscience et la compassion.
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