En cette période qui met en l’honneur l’amour, il m’est venu
l’envie de publier le texte ci-après, que j’ai retrouvé grâce à Amezeg, dans le
livre de MF von Franz, « l’âne d’or ». Il s’agit d’une très belle
prière faite au Dieu de l’amour, prière
tirée d’un papyrus magique.
« Je t’évoque,
Origine de tout Devenir, qui étends tes ailes sur le monde entier. Toi
l’inapprochable, l’infini qui inspires des pensées de vie à toute âme, qui as
relié toutes choses par ton pouvoir. Premier-né, créateur de l’univers, aux
ailes d’or, être sombre, toi qui voiles les pensées toutes raisonnables et
inspires de sombres passions, toi qui vis secrètement dans toutes les âmes, tu
crées le feu invisible, touchant tout être animé, le torturant infatigablement
de plaisirs et de délices douloureux, depuis que l’univers a existé. Tu entraînes
la souffrance par ta présence, toi, parfois raisonnable et parfois insensé, toi
pour qui les hommes violent leurs devoirs par des entreprise hardies et qu’ils
appellent à l’aide, toi le sombre. Toi le dernier-né, le sans-loi, le
sans-merci, l’inexorables l’invisible générateur sans corps des passions,
archer, porteur de torche, seigneur de toute perception spirituelle et de
toutes les choses cachées, seigneur de l’oubli et père du silence, par qui luit
toute lumière, jeune enfant quand tu nais dans le cœur, vieillard, quand tu es
consommé… »
Dans un billet précédent, j’évoquais les desseins cachés
d’Eros, forces agissantes de l’amour qui poussent à connaître nos conflits et
désunions intérieurs, et pour finir, à découvrir notre nature intérieure, l’âme ou la
totalité en soi. « L’amour avec la
passion et la souffrance qu’il entraîne devient un des principaux aiguillons de
l’individuation », voilà qui est très bien résumé, je trouve, par MF.
