21 juillet 2020

Quel lourd message d'erreur pour l'avancée des femmes dans la parole !





Bien que non-féministe je souhaite me rallier à l’opinion largement partagée des femmes, qu’elles soient libres, issues des associations féministes ou de l’opposition.

Depuis deux semaines les attaques fusent contre Gérald Darmanin lequel a été mis en cause par une femme pour viol. Classée sans suite dans un premier temps, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris, qui a demandé, début juin, de nouvelles investigations.

Gérald Darmanin n’est pas à sa place comme ministre de l’Intérieur a jugé la sénatrice socialiste Laurence Rossignol

Rachida Dati a déploré qu’une suspicion de viol, de harcèlement et d’abus de confiance ne soit pas considérée comme un obstacle à diriger le pays.

Valérie Pécresse, a, elle, déploré une marque de mépris pour toutes les victimes.

Bien qu’étant attachée à la présomption d’innocence, je déplore moi que le chef de l’État et son nouveau premier ministre aient décidé d’apporter leur soutien sans faille au ministre de l’Intérieur, et sans même attendre la fin de la procédure judiciaire. 
Quel message envoie-t-on aux victimes et aux violeurs et agresseurs ? Celui-là même que l’un des ministres les plus importants du gouvernement pourrait être l'auteur d'un viol ! 
Quelle erreur éthique et politique d'une violence symbolique inouïe, pour reprendre les mots utilisés par la sénatrice PS Murielle Cabaret.

Nous savons à présent, cela surtout depuis le mouvement #MeeToo, que le dépôt de plaintes des femmes pour viol, agression sexiste ou sexuelle sont hélas très peu pris en compte dans les Commissariats de police.
En accordant toute sa confiance à un homme accusé de viol, le gouvernement envoie un message rétrogradant et méprisant les principes d'équité : au plus haut sommet de l'Etat, on nous montre que l'on n’écoute pas la parole des femmes :  Mr Darmanin étant reconnu innocent, la victime, une femme, ne peut que mentir ! 
Quel grand coup d’arrêt, en termes de message, donné à la libération de la parole des femmes après des décennies de stigmatisation et de loi du silence subi ? Et quel exemple donne-t-on aux policiers qui continueront à recevoir les plaintes des femmes pour viol ?
Quelle chance donne-t-on aux femmes agressées ou violées d'être entendues ?
Quels encouragements ou plutôt découragements apporte-t-on aux femmes qui souhaitent dénoncer un viol ou une agression sexuelle et sexiste ?
Où est l'exemplarité donnée aux hommes qui continuent à imposer par la force et la violence leur désir, tout cela au mépris des conséquences sur la vie des femmes agressées ou violentées ?

Comme le chemin paraît long encore vers le respect et la reconnaissance de la parole des femmes. Par suite, l’oubli de la dimension primordiale du féminin risque de durer bien plus longtemps encore !

Illustration : Gaëlle Bacquet

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